24.05.2009
Changement de nom
Bonjour à toutes et à tous,
Juste un message pour vous indiquer que j'ai reçu un appel de l'éditeur. Un autre livre porte le même titre que le mien, il faut donc que j'en change pour des raisons juridiques.
Je pense donc que je nouveau titre sera JOURNAL D'UNE TUEUSE EN SERIE. Là au moins je suis sûre qu'aucun autre llivre ne porte le même nom.
Je vous tiendrai au courant de la suite des évènements.
A bientôt,
Eleanor
10:47 Publié dans JOURNAL D'UNE TUEUSE EN SERIE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16.05.2009
Alena
Bonjour à tous,
Pour vous faire patienter un peu avant la sortie de Némésis, j'ai décidé de publier sur mon blog une nouvelle adressée pour un concours de nouvelles.
Alena
Longtemps le lieutenant Varegas s’était couché à point d’heure, tant pour raisons professionnelles que privées. Mais en ce funeste mardi d’octobre, la situation s’annonçait bien pire.
En cette matinée froide et humide, le lieutenant Varegas, enveloppé dans un long manteau noir et fumant une cigarette, marchait le long des quais du Rhône lorsqu’il répondit à un appel du central. Un corps avait été découvert, par un promeneur, dans la vieille ville d’Aigues-Mortes, à quelques kilomètres de là. Il tira une dernière bouffée, jeta son mégot à même le sol et raccrocha. Ecœuré par toute cette violence, il se demandait s’il n’était pas temps de raccrocher. C’était peut-être pour lui sa dernière enquête officielle, cette routine sans fin lui pesait, et ne lui apportait plus rien que des idées noires. Même le rire cristallin des femmes, rencontrées au gré de ses pérégrinations nocturnes, ne parvenait pas à chasser les images de ces corps meurtris. Elles semblaient comme fixées sur sa rétine telles des empreintes indélébiles.
Perdu dans ses réflexions, il allongea le pas et grimpa dans sa voiture de service, garée à proximité. Il ne lui fallut guère plus d’une demi-heure pour se rendre sur les lieux du crime. L’appel de ses collègues ne comportait aucun détail sur le lieu de la découverte, ni sur la victime, ou sur les circonstances du décès, mais le ton employé laissait supposer qu’il s’agissait d’un crime abominable. En arrivant sur place, le lieutenant Varegas gara sa voiture à l’extérieur du village, l’enceinte de la vieille ville, abritée par des remparts, était interdite à la circulation. Il fit donc, à pied, les quelques mètres le séparant du plus horrible des crimes sur lequel il n’ait jamais enquêté.
Au milieu de la place pavée du centre-ville, bordée de restaurants et de musées, se dressait une foule compacte de curieux en quête de sensations fortes. Le lieutenant ne comprenait pas l’intérêt des gens pour les scènes de crimes. Qu’y avait-il de palpitant à voir la mort de si près ? Il se fraya, tant bien que mal, un passage au milieu des spectateurs agglutinés sous leurs parapluies dégoulinants. Le lieutenant passa, ensuite, sous le cordon de police installé par ses confrères, pour délimiter le périmètre de l’enquête. Ceux-ci avaient également monté une tente pour protéger le corps et les indices de la pluie qui redoublait d’intensité, faisant fuir les derniers curieux. Ils voulaient bien regarder le spectacle de la violence, mais il ne fallait pas que cela bouleverse leur petite existence bien tranquille. Le lieutenant fit quelques pas, salua brièvement le brigadier en faction devant l’entrée de la tente, puis pénétra dans les lieux. Une forte odeur ferreuse de sang flottait dans l’air et comprimait les poumons du lieutenant. Il pensa à la quantité de sang nécessaire pour produire de telles émanations. Quelques personnes, surtout les hommes de la police scientifique, étaient rassemblés autour du cadavre l’empêchant de l’apercevoir. Il s’approcha un peu mal à l’aise, mais ne put faire un pas de plus, figé par le dégoût, pâle comme la mort. Ce qu’il voyait était tellement épouvantable qu’il se retint de ressortir en courant pour aller vomir. Des scènes sans nom pendant sa carrière il en avait vu, mais jamais rien de semblable.
Le lieutenant Varegas s’habitua peu à peu à l’odeur pourtant insoutenable et examina, avec un certain recul qu’il voulait le plus professionnel possible, les détails de la scène. Devant ses yeux incrédules reposait le cadavre atrocement mutilé d’un enfant d’environ 5 ou 6 ans, de sexe indéterminé. Le corps, recouvert de haillons et de crasse, était positionné sur le ventre. Les mains et les pieds avaient été tranchés, semble-t-il par un objet tranchant, mais dont la lame, assez large, devait être émoussée. Les moignons en charpie, d’où dépassaient des lambeaux de chair sanguinolente, indiquaient que l’assassin avait du s’y reprendre à plusieurs reprises. Plus surprenant encore, le scalp avait été incisé avec précision pour en délimiter le contour puis arraché. On pouvait encore apercevoir, par endroit, quelques touffes de cheveux agglutinés par le sang coagulé.
Quand les experts de la police scientifique eurent terminé de prélever les indices, ils retournèrent le corps. C’était celui d’une petite fille qui portait la marque de nombreux coups ainsi que des lacérations peu profondes. Comme pour terminer son œuvre, le bourreau l’avait énucléé avec délicatesse comparé au reste des blessures. Les contours de la plaie étaient nets. La tête, sans les cheveux et les yeux, faisait penser à ces moules en carton bouilli servant à la confection des poupées anciennes. Comment une telle boucherie pouvait-elle être possible ? Qui pouvait être le fou pouvant accomplir de tels actes de barbarie ? Telles étaient les premières questions que se posa le lieutenant Varegas. Sa dernière enquête serait, à n’en pas douter, sûrement la plus difficile à supporter psychologiquement. Si jusqu’à présent, quand il rentrait tard chez lui, il parvenait à s’endormir en quelques minutes, même après des journées bien remplies. Il doutait qu’après un crime aussi ignoble, il puisse arriver à trouver le sommeil avant longtemps. Les scènes de crime impliquant des enfants étaient les plus intolérables pour lui comme pour beaucoup de ses confrères. Il fallait être un monstre sans nom pour agir avec autant de cruauté.
Laissant là le fil de ses pensées, le lieutenant Varegas demanda aux experts si l’enfant portait une marque, une tâche de naissance qui pourrait aider à l’identifier. La première chose à faire dans ce genre d’enquête était de rechercher l’identité de la victime et pour cela, tout élément même infime était appréciable, mais dans ce cas, il n’y avait rien. Il fallait pourtant prévenir les parents au plus vite. Les experts scientifiques prirent tous les clichés possibles qu’ils remirent au lieutenant avant que celui-ci ne quitte les lieux. Une grande bouffée d’air chargée d’humidité et il sentit le sang refluer vers son visage, il souffla. Décidément, il n’arrivait plus à faire ce métier correctement. La crainte d’un attachement à la victime était trop grande pour qu’il continue sur cette voie. Cette pauvre gamine mutilée lui en rappelait une autre, découverte une dizaine d’années plus tôt, au fond d’un puisard. C’était sa première enquête criminelle, et elle le hantait toujours. Il n’avait jamais réussi à élucider le mystère entourant sa mort, et elle était toujours, pour lui, une inconnue sans nom et sans visage.
Le lieutenant regarda autour de lui, il n’y avait plus personne sur la place, les badauds étaient rentrés chez eux. Le lieutenant haussa les épaules et reprit sa voiture pour se rendre au commissariat, sur Arles. C’était là que se trouvait son antre, une pièce assez spartiate, mais qui lui ressemblait. Quand il arriva sur place, il salua ses collègues et pénétra dans son bureau. Il ôta son long manteau noir ruisselant de pluie, alluma une énième cigarette et se cala dans son fauteuil en cuir. Le lieutenant prit quelques instants de répit avant d’attaquer ses recherches. Il alluma, ensuite, son ordinateur portable et entra directement sur le fichier des personnes disparues. En quelques clics, il sélectionna le sexe et l’âge approximatif de la victime. Puis, il étala devant lui les photos prises sur la scène et les examina, avec attention, en essayant de les comparer aux résultats des recherches.
Les yeux rougis d’avoir épluché chaque fiche de disparition, et sans aucune réponse concluante, il referma le dossier de la petite victime. Le lieutenant était abasourdi. Qui pouvait donc être cette petite fille que personne ne recherchait ? Il n’avait trouvé aucune trace de cet enfant. Des parents, fous d’inquiétudes pour leur enfant disparu, devaient pourtant la chercher quelque part…il ne pouvait en être autrement !
Et pourtant…
Le lieutenant Varegas se rejeta en arrière sur son fauteuil, les mains derrière la tête et ferma les yeux quelques secondes pour reposer son esprit. C’est dans cette position que le trouva le brigadier Charleti.
Celui-ci toussota doucement pour attirer l’attention du lieutenant.
- Mon lieutenant !
- Oui ! Excusez-moi, je me reposais un peu.
- Cette affaire doit être difficile !
- Oui, en effet, c’est la pire que je n’ai jamais eue. Enquêter sur une mort aussi horrible est douloureux même pour un enquêteur aguerri. Que puis-je faire pour vous ?
- J’ai un appel pour vous. Une femme, qui se présente comme étant la mère de l’enfant retrouvé ce matin, est au bout du fil et elle aimerait vous parler.
- Quoi ! La mère est en ligne ! Passez-moi-la tout de suite, vous avez bien fait de me déranger !
Le lieutenant remit de l’ordre dans ses vêtements et décrocha le combiné à la première sonnerie :
- Lieutenant Varegas !
- Bonjour, je suis Armelle Lefèvre. Avez-vous retrouvé le corps de ma fille, Alena ? Lui répondit une voix jeune et posée.
- Nous avons effectivement découvert un corps d’enfant, mais nous ne l’avons pas encore identifié. Comment savez-vous qu’il s’agit de votre fille ? lui répondit-il surpris par le ton employé par la femme.
- Parce que c’est moi qui l’ai déposé à cet endroit !
La pseudo mère de famille, que le lieutenant imaginait très inquiète, paraissait, au contraire, tout à fait sereine et calme. Comment était-ce possible ? Le lieutenant Varegas en perdit son latin.
- Je ne comprends pas vos propos. C’est vous qui avez abandonné votre fille, mutilée, au milieu d’une place ! Confirmez-vous ces paroles ?
- Oui, en effet. J’ai tué ma fille et je l’ai laissée là pour que tout le monde contemple sa fourberie, dit la femme sans hésitation et d’un ton monocorde.
- Je vous demande pardon, vous avez dit sa « fourberie ». Je crois avoir mal compris, fit-il de plus en plus surpris.
- Vous avez très bien compris. Il fallait bien la punir cette vermine. Elle attirait le regard de tous les hommes avec ses jolis yeux d’un beau bleu azur, ses petites mains fines et ses pieds menus, susurra la femme sur le ton de la confidence.
- Mais c’était une petite fille, quel crime avait-elle pu commettre pour que vous la punissiez de la sorte ? J’ai bien du mal à comprendre.
- Mais c’est qu’elle n’était plus innocente ma petite fille adorée. Elle a séduit mon mari, et lui, a succombé à ses charmes. Vous ne comprenez pas, elle voulait me voler mon mari. Elle, une gamine de 5 ans ! Vous vous rendez compte, j’étais déjà trop vieille pour lui, se plaignait-elle.
Le lieutenant Varegas était hors de lui, c’était la propre mère de l’enfant qui l’avait assassiné, mutilé de la sorte, par jalousie. Mais comment une petite fille aurait pu voler le mari de sa propre mère ? C’était insensé ! Et il ne savait même pas où la trouver pour l’arrêter.
- Pouvez-vous me donner votre adresse ? Il faut que je vous parle de suite, lui dit le lieutenant, sûr que la femme ne lui donnerait pas l’indication.
- Venez donc, j’habite au 10 de la place, à Aigues-Mortes. Je vous ai observé tout à l’heure. Vous avez l’air d’un homme bon. Je vous attends.
- J’arrive, lui répondit-il ébranlé par cette conversation surréaliste.
L’affaire paraissait déjà résolue, mais cela faisait froid dans le dos d’imaginer qu’une mère puisse accomplir un tel acte. Le lieutenant repris son manteau posé quelques instants plus tôt, et sorti du bureau. Il interpella le brigadier Charleti et le pria de l’accompagner pour procéder à l’arrestation de Madame Lefèvre. Les deux hommes grimpèrent dans la voiture du lieutenant et partirent.
En arrivant sur place, ils se présentèrent pour que Madame Lefèvre leur ouvre la porte. Quelle ne fut pas leur surprise de découvrir une jeune fille d’environ 20 ans. Armelle Lefèvre n’était guère plus qu’une adolescente aux cheveux décolorés.
Le lieutenant entra dans l’appartement, suivi par le brigadier. La mère les guida jusqu’au salon où un homme était assis dos à eux, semblant regarder la télévision. Mais une chose surprit le lieutenant. L’homme n’eut aucune réaction à leur entrée dans la pièce. Le lieutenant contourna l’individu pour venir se placer face à lui. Ce qu’il vit lui glaça le sang et il ne put retenir un cri d’effroi.
C’est Armelle Lefèvre qui prit la parole pour lui expliquer doucement :
- Vous voyez, elle m’a dit que mon mari préférait ma fille, que je n’étais pas assez bien pour lui.
- Qui vous a dit ça ?
- Elle a rajouté qu’il aimait tout de la gamine et particulièrement certaines parties de son corps.
- Je vous le redemande, qui vous a dit que votre mari ne vous aimait plus ?
- Elle ! Alors, Armelle lui montra sa tête en faisant des gestes incompréhensibles. Dans ma tête.
- Et qu’avez-vous fait ?
- Hier soir, elle m’a dit de tuer ma fille, que c’était la seule solution, comme cela il ne pourrait plus la désirer. Mais, il était fou de douleur et j’ai eu peur qu’il ne me fasse mal. Elle m’a alors rappelé qu’il cachait un pistolet dans la table de chevet, et je l’ai tué aussi. Mais il paraissait si triste… Alors, pour lui faire un dernier plaisir, j’ai mis entre ses mains ce qu’il préférait le plus chez elle : ses jolies mains, ses pieds menus, les longs cheveux noirs fins et soyeux, et ses beaux yeux bleus. Elle ne voulait pas, mais c’était mieux ainsi. Comme ça, il a pu partir avec une partie d’elle. Comme je vous l’ai expliqué le reste du corps, je l’ai descendu sur la place pour que tout le monde la contemple et se rende compte de sa tromperie. C’était de sa faute à elle. Mais maintenant je suis seule…avec elle !
Soudain, le calme revint dans le petit appartement. Armelle Lefèvre paraissait détachée, comme absente. Le lieutenant voyait que son visage ne portait aucune émotion, une indifférence incompréhensible pour le sort qu’elle avait réservé à son mari et à sa propre fille. Elle attendait tout simplement…
Le lieutenant Varegas reconnaissait ses symptômes pour en avoir déjà rencontré pendant sa carrière. Il s’agissait de schizophrénie. Il savait que cette maladie faisait des ravages, et que la personne concernée perdait tout contrôle, mais pour lui, cela n’expliquait pas comment cette mère avait-elle pu croire en la culpabilité d’une enfant de 5 ans ?
L’enquête close, le lieutenant Varegas rentra chez lui, de bonne heure, une fois n’est pas coutume, mais à cet instant, il cherche encore le sommeil…
Bonne lecture,
Eleanor
09:15 Publié dans Nouvelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15.05.2009
Accord NEMESIS
Bonsoir à tous,
Ce soir je viens vous dire que j'ai donné mon accord pour la publication de Némésis. Le processus éditorial va enfin être clôturé et le livre envoyé l'imprimeur pour la maquette du livre. Ce ne devrait plus être long maintenant.
A bientôt,
Eleanor
18:25 Publié dans JOURNAL D'UNE TUEUSE EN SERIE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



